Il ya sûrement autant de points de vue qu’il y a d’étoiles . Voici le nôtre, comme la pierre sèche est une grande famille, depuis le canton de Vaud, en Suisse, nous vous partageons notre façon de voir un mur sur le principe de la tripartition. Tout comme la nature humaine, le mur en pierre est habillé d'une partie volontaire, d'une partie sentimentale, d'une partie pensée qui sont toutes trois, le principe d'une seule et même chose. Mais, juste avant d’aborder cette considération et son processus, la première évidence qui s’impose est de trouver les cailloux magiciens. Le bâtisseur regarde dans sa région, recherche une qualité avec les carrières ; les gravières, les agriculteurs, les communes, les habitants, l'homme de la campagne, la nature, rivières, forêts, le bouche à oreille, cercle d'amis, sans omettre de développer un sens des perceptions aiguisées et une posture déterminée. A cet égard, n'oublions pas nos chers amis "géobiologues": (Géobiologie: Géo, la Terre, Bio, la Vie, Logie; la Connaissance. Ils peuvent nous donner aussi de précieuses indications et des conseils fondamentaux pour une création, un projet, un respect des lieux, une dynamique, un soin particulier, un apport. Que ce soit du grès, du calcaire, du schiste, du calschiste, du granit, de la caillasse des champs, les possibilités géologiques sont présentes et changent sensiblement d’une région à une autre. D’emblée, le constructeur est en relation à un charme naturel et un cachet particulier du paysage, du voisinage, d'un passé lointain, d’une culture, d’une architecture, d'une histoire d'un lieu, d’une ou plusieurs techniques de travail: le partenariat. Le partenariat, c'est la manne indispensable pour faire du bon travail et en même temps, c'est ce qui nous est le plus difficile à réaliser dans notre quotidien: l'accueil, l'acceptation, la transformation. " P'ti je" doit s'effacer et laisser l'espace à une autre intelligence que celle de l'intellect qui a coutume de transformer la vie sociale en hiver russe. L'intention et le ressenti jouent là un rôle fondamental sur tout ce qui pourra donner par la suite du sens, de la forme et créer du lien, lors de la mise en route d'un chantier. La préparation est la pierre de Fondation, le premier geste oublié. Un geste qui contient tout le reste de l'ouvrage. Toute fondation est demeure... L'action de donner forme à la matière, de la spiritualiser en quelque sorte, agit sur l'environnement, les personnes. L'atmosphère du lieu s'anime différemment. N'oublions pas de nous poser cette question avec rigueur et humilité après chaque chantier. Que laissons-nous après notre passage? C'est l'intention devenue vivante, visuelle et sonore, qui compte avant tout, puisque nous avons la capacité de voir, de comprendre et d'entendre le résultat de nos actions et le fruit de nos intentions. Nos actes matérialisés sont une réalité qui a un rayonnement dont l'effet reflète l'intention première. Et c'est le résultat de nos actions qui doit être considérées. Nous portons ainsi une grande responsabilité, le prix de notre liberté en quelque sorte. Que ce soit dans les petits ouvrages ou dans les grands travaux, qu'importe! Gagner de l'argent est une chose, avoir conscience de ce que nous faisons en est une autre. Bien que les deux ne soient pas incompatibles, il s'agit de nuances, de discernement, d'état de conscience sur différents plans. Les types de murs qui structurent l’espace varient selon les cultures . Ils se distinguent par leur fonction et les traditions des peuples ; par exemple du mur de soutènement purement esthétique et pratique ou pour des cultures en terrasses, au mur de pâturage tridimensionnel(structuration de l'espace, enclos, culture paysagère) et unidimensionnel comme aux Îles d'Aran, ou encore, la technique de l'encorbellement avec les bories, les cabanes de bergers en Provence, les Carabelles dans le Languedoc, etc... J'en ai vu des centaines en Europe et la technique, les questions fondamentales qui se posent sont les mêmes depuis leur apparition. Le premier travail du bâtisseur est de vivre pleinement l’âme qui règne dans les lieux dans lesquels il va être créateur d'inédit ou restaurateur d’un patrimoine passé. Cette posture de l'accueil et de l'écoute appelle à une grande sensibilité et à un grand respect auprès de "ce qui est". Somme toute, c'est le substrat de la posture, donc 80% du travail fait, si cette étape est vécue en pleine conscience. Et c'est en cela qu'il ne sert à rien de prendre des raccourcis en prônant le changement, cela créerait des failles. Il est ahurissant de vouloir le changement par la pensée abstraite sans se mettre en relation avec la stabilité, celle de l'équilibre que nous rencontrons dans une situation, un lieu, l'histoire du lieu, l'esprit du lieu, ou un évènement. Et nous savons, par surcroît, que l'énergie des failles pompe nos forces de vie, et attirent ce que nous n'aimons pas, à un moment ou à un autre, qu'elles soient géologiques ou comportementales. Une lecture attentive de l’environnement et de ce qui l’a coconstruit est indispensable pour comprendre notre travail et pour faire des liens harmonieux avec le règne minéral, celui du végétal, animal et humain. Le tempérament de la pierre est une subtile évidence, mélancolique pour les schistes, (métamorphique, ardoise et lause de schiste) volontaire pour les granits,(magmatique), sanguin pour les grès de couleur, flegmatique pour les calcaires traditionnels (sédimentaire). Nous retrouvons trois principes: magmatique,(basalte, tuf volcanique), métamorphique, ( gneiss, ardoise, marbre ) et sédimentaire(pierre qui se forme au voisinage de la surface de la terre et qui contiennent des informations importantes sur la surface de la terre) ...( grès, schistes, roches calcaires, conglomérats). Bien sûr, ce ne sont que des indications, toutefois, il est intéressant d’observer le comportement de personnes vivant dans le Jura, dans les Alpes ou dans le Massif Central, ou en Provence, pour saisir l’influence silencieuse de la pierre sur l’homme. A ce sujet, il est toujours très instructif, de prendre part à l'histoire de la région, des types de construction, d'économie, des intérêts et ressources qu'avaient les gens du pays. La plupart du temps, deux types de terrain se distinguent : les terrains basiques, calcaires et les terrains acides, granitiques, et chacun génère des variantes de couches de roches. Les alpinistes connaissent bien ces changements. Les plantes qui poussent sur ces types de terrain sont spécifiques, ainsi que la qualité de l’eau agissante dans les rivières avec comme conséquence immédiate un flux énergétique différent. Il suffit d’observer d’une contrée à une autre, pour voir comment la flore est liée à l’humus sur lequel elle pousse et agit à son tour sur l’environnement. Tout prend alors signification d'interdépendance, jusqu’au ressenti profond de ce qui coproduit notre comportement. Observons ce qui est en surface, ce qui respire en dessous du sol grâce à ce qui est tout en haut.... faisons des liens... Les amoureux de la Terre et des processus du monde végétal nous donneront mille informations sur la magie alchimique de la vie. Cette première étape de sensibilisation déterminera la suite de l’ouvrage en cours. Il est possible d’ être un très bon bâtisseur et de louper son travail, pour être passer à coté de cette vie immense du "réseau de l'instant". Le "je" joue des tours lorsqu'il s'agit de s'intéresser plus à l'argent, au temps qui presse, à ce qui coproduit son reflet, qu'au rayonnement de l'intention première. Les anciens en Cévennes le disait si bien en ces termes: "AH! cela oui, ils sont devenus intelligents, si extraordinairement intelligents et visionnaires de tuiles qu'ils ne peuvent plus éviter, qu'ils en ont oubliés l'essentiel": Exister. ************************************************************************************ Il est incontestable que la qualité des pierres découvertes, stockées et ensuite triées avec logique, soin, déterminera le principe de comment apporte-t-on sa pierre à l’édifice. Quoique, il faut être prêt à travailler dans des endroits, où il n'y a rien comme moyen matériel, juste des pierres cabossées, guère de cale, aucun choix, peu de ressource minérale, et c'est là que tout notre ressenti se développe, loin des sentiers battus par la tête d'eau, (notre Descartes cervelesque).Je me souviens de contrées en Ecosse, sur la côte Ouest, ou il n'y avait rien d'autre que la nature dans toute sa sauvagerie. Et là, aucun portable ni joujou de la technoscience, ne peut aider en ces lieux, au cas où nous tomberions en panne de voiture ou d'une envie subite d'aspirine. Dès lors, nous sommes appelés à développer autre chose qu'une banale sécurité intellectuelle. "Notre Descartes" ne nous sert strictement plus à rien. Enfin. La Fondation a un principe de base simple comme bonjour pour les murs de soutènement : plus le mur est haut, plus la base sera profonde et large, tandis que la partie de derrière, celle qui est invisible aura toute son importance. Il y a donc trois axes à tenir compte, simultanément, l'avant, l'arrière, le haut, le bas, la droite et la gauche. Il s'agit aussi de notre propre équilibre, n'est-ce pas. Lorsqu'un de ces plans laissent à désirer sur le chantier, nous savons aussitôt où nous devons travailler sur nous-mêmes. Il ne faut jamais jeter les pierres en vrac en guise que cette part du mur n’est pas apparente. Cette partie non visible à l’œil nu (l'arrière) a une fonction primordiale: celle de permettre un excellent drainage et de résister aux poussées du terrain. Ce que l'on ne verra pas par la suite sera toujours présent et sa portée aura une action sur la stabilité du mur. Il est le liant minéral qui unit la Terre à la pierre brute. Donc, c’est l’occasion rêvée de se débarrasser des pierres trop accidentées pour l’appareillage. Plus on a de l’espace libre pour soigner cette partie, mieux sait. Soyons à l'aise. On peut croiser sur un plan horizontal, avec une inclinaison contre la colline, pour lui faire front et affront. Les déchets de pierres et de toutes les petites pierres, feront le bonheur du mur, en s’offrant comme cales à tous les vents et de drainage naturel à tous les temps. Pour les murs unidimensionnel ( île d'Aran en Irlande) et tridimensionnel, (jura suisse par exemple), tout se voit et tout se sait. Le triage et le centrage sur soi est de rigueur, tant ce type de murs est incommode, exigeant en choix et en qualité de pierres. Il n’y a jamais de poussée de terrain. Le mur s’élève et se structure dans l’espace. Suprême paradoxe, il sépare pour unir quelque chose. Il avance deux faces apparentes dont le fruit sera en relation avec la hauteur du mur, jusqu’à son couronnement. Déjà, une fondation creusée sur 20 centimètres de profond et de 80 centimètres de large permet d’être à l’aise pour la plupart des réalisations. La règle d’or : être confortable, et surtout, ne pas être stressé par des urgences fabriquées par des individus qui transforment "ce qui est" en "ce qui n'est pas". Le partenariat, la poésie de la rencontre, l'intention de l'objectif, le soin de l'esprit du lieu , sont la première condition pour évaluer et valider un contrat. Cela ouvre des pages merveilleuses de lucidité. L'admission d'un chantier doit être très soigné, cela évite ainsi de trouver d'étranges résidus dans l'exécution de notre travail. L'intellectualisme est aussi présent dans ce milieu de la pierre, comme celui des métiers, du social, et partout ailleurs où est condensé le devenir, par des normes et des lois et des lois et des normes qui sont entrés dans un univers d'opérations mentales. Pour finir, où sont les hommes? On y reconnait l'ignorance, le pouvoir, le contrôle, le jugement, la comparaison, le sectarisme, la peur de l'inédit et la peur de l'évolution. Cette tare contagieuse touche tous les milieux et fige habilement la vie, mais, elle s'efface dès qu'un acte libre, un acte artistique, émerge des profondeurs, dès que "p'tit je" n'est plus au centre de ce qui le coproduit. Ah "p'tit je"! Il en aura fait voir à l'esprit du Temps! En définitive, il n'y a pas de bons ou de mauvais bâtisseurs, de bons ou de mauvais éducateurs. Ce qui importe, c'est le chemin que nous faisons vers le projet, une fois visualisé et intériorisé, seul, et tous ensemble, simultanément. Et ce projet est porté par une intention, un esprit d'équipe, qui suggère de grandir aussi grand que Gulliver. Ces petits pas font de nous des passionnés avant tout. Le reste attendra six pieds sous terre, n'est-ce pas! Il est important de discerner la connaissance de la posture intérieure, donc du ressenti. Ce n'est vraiment pas la même chose lorsqu'il n'y a pas collaboration entre ces deux pôles. D'ailleurs, une connaissance, un savoir, s'il n'est pas en relation avec le réseau de l'instant, renforce les comportements schématiques de la vie sociale, donc du "moi". Ainsi, l'outil agit à la place de l'artisan et à de tels nœuds sera l'ouvrage. La réalité de la pierre sèche ne s'apprend pas dans les livres aux belles reliures, comme aucune connaissance, d'ailleurs. La construction à sec est un art de la Terre, une construction qui se transmet par chemin intuitif, oral, fraternel, et par un partage pratique de l'instant d'où advient ensuite une connaissance. Et comme toute connaissance, son substrat est fait pour être partager le plus simplement du monde. Un chantier est difficile, et selon les moyens à disposition, voire très pénible physiquement. Si l’on n’est pas sur le terrain, les beaux et parfaits coups de crayons dessinées dans des ateliers, sur des ordi ; les belles lignes tracées dans les livres, les pierres imaginées, idéales, avec les lézards bleus, les plantes qui s’honorent de détails pittoresques; le soleil qui chauffe les pages, tout cela est bien arc-en-ciel, j'en conviens, mais sur les chantiers, il y aussi d'autres défis. Les difficultés sont multiples, ne l'oublions pas. LA PARTIE VOLONTAIRE D’UN MUR A SEC . Ah, les secrets de la volonté ! Si je m’en crois, les pierres qui servent à la fondation sont en si bonne santé qu’il faut veiller à ses gestes pour ménager notre dos si précieux. Et peuchère, ce n’est pas une partie de pétanque sous les platanes ! Ce qui enracine le mur à la Terre, ce sont les pierres qui vont tirer le mur vers le bas par leur masse, leur intelligence et leur poids. (L'ANCRAGE). Cette étape prend du temps et sollicite souvent des efforts physiques considérables qui garantiront au mur sa fonction, sa présence et son passage dans le temps qui passe. La fondation, c'est ce que l'on perçoit le moins. Nul doute, l’équipe des bâtisseurs aura rejointe le Temps des Secrets que le mur demeura encore un témoin vivant du Flambeau passé... Cette partie de la volonté du mur que je baptiserais le Soulier, doit être exécuté avec rigueur. Cette étape de la construction accompagne toute la vie du mur et recueille ses vibrations. Les dessus de ces pierres mi – enfouies dans le sol devraient être le plus plats possible, (le haut) pour que les pierres suivantes soient bien reçues, trouvant ainsi, un appui le plus stable possible. Les pierres posées dans le sens des strates de sédimentations. De manière générale, posons les pierres dans le sens dont la Terre les a vues naître, sauf exception, pour des raisons particulières. Là encore, il faut examiner la région où l’on travaille, les techniques qui sont en relation avec les possibilités des pierres, leur consistance et leur densité, leur teneur et leur portée. Une autre règle importante est de ne jamais en faire une. Comme toujours, il faut passer par l’expérience et une relation ajustée avec l'instant, pour saisir les phénomènes, sans jamais oublier que ce qui est valable dans une contrée ne l’est pas forcément dans une autre. Soit ! Pour conclure, je dirais que les pierres au service de la fondation sont imagées ainsi: Les pierres d’horizon. Rien ne peut les perturber, c’est le domaine d’action silencieuse du mur, la base d’un champ de réflexion et de perspectives en devenir. Elles ouvrent des portes. Haut de page LA PARTIE SENTIMENTALE D’UN MUR A SEC Et fan des chichons ! Si ce n’est pas la signature des bâtisseurs, autant que je me fassiasse évêque tout de suite, heu… non, curé, cela ira tout aussi bien. Je parlerais ici de pierres qui chantent, les pierres que le soleil caresse. C’est à dire que le milieu du mur, disons deux, trois rangs après les pierres d’horizon, prend forme et crée ainsi un visage expressif. Le mur prend une vie d’âme d’une manière immédiate, avec sensation et impression sur le promeneur, la flore et la faune. Bien évidemment, il est plus aisé et facile d’animé un mur de soutènement qu’un mur unidimensionnel ou tridimensionnel ; comme à l’île d’Aran en Irlande ou à l’Ouest de l’Ecosse ou encore en Cornouailles ! Je fais donc ici référence au mur de soutènement, et qu’importe ce qui est soutenu. Cela peut-être un mur qui cache la laideur du béton, pour transformer les sous-énergies que dégage ce matériau du bitume. De grâce! L’essentiel est de jamais utiliser de ciment. La pierre en tomberait gravement malade. La chaux permet à la pierre de respirer, l’air, l’eau et la lumière circulent, avec un mortier maigre. Le ciment est comme l'intellect, il fait croire qu'il dit une vérité, mais en fait, il la fige. La partie sentimentale du mur peut évoquer une vive impression de surprise, d’intérêt culturel et artistique, d’émotion et de goûts pour la recherche. C’est aussi un espace libre pour l’imagination et l’audace, l’innovation, oser les appareillages nouveaux pour servir la flore et la faune friandes de ces espaces de vie. On peut donner comme métaphores à ces espaces libres: "un vide englouti dans lequel tout existe"... comme c'est vide, des formes de vie viendront naturellement déposer leurs projets... Il nous suffit d'observer attentivement sans intervenir. Oui, cela peut aller d’une simple niche à une arche de son choix, à une demi-lune, un point d’eau, et etc. Les limites de l’imagination ne sont écrites dans aucun des manuels de construction. Ce qui reste merveilleux pour l’équipe des bâtisseurs, c’est de rendre justement le mur vivant et généreux de vie. "En chaque homme un artiste" ... Réitérer le passé de la vérité, le connu, le déjà vu, est lassant, ennuyeux. Le passé en tant qu'outil, n'est qu'une étape, une halte, il est bon de ne pas s'y attarder. L’art de la pierre sèche peut évoluer grâce aux artisans poètes qui osent, tentent, risquent de s'aventurer sur d'autres fréquences et sur d'autres liens avec la vie, que ceux du passé et du déjà vu. Bien entendu, en respectant le bon sens du croisement, la raison d'être des choses et en évitant ainsi les coups de sabots( coup de sabre) qui désaccordent les pierres entre elles. C’est continûment un plus, de concilier l’aspect pratique avec le sens du beau et du surprenant. Et à notre époque, où l’on ne sait ni cueillir les fleurs des champs pour les offrir à sa bien aimée, ni parler aux arbres, le sens du sacré apparait sur notre vie quotidienne comme un bien précieux à redécouvrir. La beauté et la simplicité resteront aux poètes ce que le portable est aux hommes, une perte profonde de la notion de l'instant présent. Haut de page LA PARTIE PENSEE DU MUR A SEC Le jour de fête est arrivé, tout comme un roi, le mur va porter une couronne, c’est le temps du sacre. Généralement, on retrouve le travail du triage incessant effectué selon le déroulement du chantier. Ces pierres qui pensent ont un air de grande famille. Quand à leur poids et leur grandeur, elles sont souvent pesantes, élancées et régulières, si possible, ne rêvons pas ! Le bâtisseur s’adapte à toutes les circonstances. Il doit être prêt à affronter les conditions les plus hostiles et inconfortables. Ah! Les pierres sur mesure, celles qui sont dessinées dans les manuels à la page douze, ne sont pas toujours à l’ordre du jour. Le système D, est parfois l’unique et la bonne solution, si vous saviez ! Ce qui fera la beauté d'un mur, ne n'oublions pas, ce sera avant tout nos intentions, notre amour qui s'inscrira dans l'information de la pierre qui se chargera de la faire rayonner. Somme toute, le reste n'est que processus.... Il est incohérent de vouloir faire un mur droit pareil à un mur en brique, ou en béton... On peut trouver selon les régions, des couronnements horizontaux ou verticaux, légèrement inclinés, sur les tranches. Cependant, que serait un roi sans couronne ? Il serait peu élégant et nous révèlerait ainsi sa nudité, convenons-en. Une fois que le mur est couronné, l’achèvement de l’œuvre se précise dans ses détails. Il ne faut pas oublier l’étape du rappel qui consiste à passer la totalité du mur en revue de A à Z. La vérification. Le devant de la scène. Bien que le calage arrière soit fait, puisque l'on cale, simultanément à chaque pierre et à chaque rang. Le calage du devant joue à la fin du chantier toute sa confirmation sur l’ensemble de l'ouvrage. Il permet de boucher les trous branlants, inutiles et de stabiliser ainsi les pierres qui chantent et les pierres qui pensent. Les petites pierres et les bouts cassées trouvent leur bonne raison d’exister. Tout sera recyclé et utile. Déjà, des vrais lézards, de réels papillons, et encore des abeilles et puis des coccinelles sont venus nous dirent bonjour en visitant les interstices et le rayonnement des pierres. Et bien sûr, tout ce que l'on a pas vu... Bientôt, ce sera au tour des graines des quatre vents, puis celui de la faune locale... La fête de la vie peut œuvrer à ses miracles, un mur en pierre sèche vient d’être achevé de mains d'homme.
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T.Carbonell
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